La Journée du pull de Noël Vendredi 18 décembre 2026

6 min de lecture

Journée du pull de Noël à l’école : le mode d’emploi

À l’école publique, la journée du pull de Noël se fête sans emblème religieux, sans achat obligatoire et sans photo diffusée sans l’accord écrit des parents. Le mode d’emploi pour une école élémentaire.

Par Théo Marchal

Trois écolières vues de dos, sac à dos sur les épaules, marchent dans un couloir d'école bordé de casiers bleu-vert.
Photographie de Yan Krukau, Pexels, Licence Pexels.

La journée du pull de Noël se fête très bien à l’école publique. L’Éducation nationale traite Noël comme une fête sécularisée, qui peut se célébrer à l’école à une condition : aucun emblème religieux. Ajoute deux règles de bon sens, aucun enfant obligé de payer et aucune photo diffusée sans l’accord écrit des parents, et ta journée tient debout.

Le reste est une affaire d’organisation, pour faire participer une école élémentaire entière, du mot aux familles à la photo de classe, sans laisser personne sur le côté.

Laïcité : ce que dit l’Éducation nationale sur Noël à l’école

L’Éducation nationale répond à la question dans son vademecum sur la laïcité à l’école. Une fiche entière porte sur les fêtes sécularisées, avec Noël pour exemple, et elle fixe la limite :

Lorsqu’un établissement public d’enseignement souhaite célébrer une fête sécularisée, comme par exemple la fête de Noël, il est nécessaire de s’assurer que la manifestation ne s’accompagne, sauf circonstances particulières, de l’installation d’aucun signe ou emblème à caractère religieux

Ministère de l’Éducation nationale, La laïcité à l’École, vademecum, fiche 17

Le vademecum « La laïcité à l’École » publié sur éduscol précise que le directeur de l’école veille au respect de ce principe. Il ajoute que le sapin, « symbole d’une fête largement laïcisée », peut être installé s’il ne revêt aucun caractère cultuel dans sa présentation ou sa décoration.

Pour le pull, la conséquence est pratique. Les motifs choisis pour les ateliers et les décorations de la classe restent profanes : rennes, flocons, sapins, bonshommes de neige. Tu présentes le projet au directeur, qui valide le cadre.

Le vrai risque : l’enfant qui n’a pas de pull

Le principal risque d’une journée du pull de Noël à l’école n’est pas juridique, il est social. Un enfant sans pull de Noël peut vivre la journée comme une mise à l’écart.

L’association britannique Child Poverty Action Group l’a documenté dans son projet Cost of the School Day, nourri par plus de 1 700 parents, 630 membres du personnel scolaire et des entretiens avec plus de 10 000 élèves en Angleterre et au pays de Galles. Sa contribution écrite à une commission du Parlement britannique résume le coût des journées déguisées :

These events typically involve a financial cost and put social pressures on children.

Child Poverty Action Group, contribution écrite PA0113 au Parlement du Royaume-Uni

La contribution du Child Poverty Action Group cite un élève de 9 ans : « Some people in class ask why you don’t have a Christmas jumper ». Elle note aussi que, dans certaines écoles, la présence baisse les jours sans uniforme et les jours déguisés.

La règle qui en découle : à l’école, le pull de Noël est une invitation, jamais une consigne.

Participer sans rien acheter : quatre idées qui marchent

La meilleure journée du pull de Noël à l’école est celle où personne n’a besoin d’acheter quoi que ce soit. Save the Children UK, qui porte le Christmas Jumper Day au Royaume-Uni, a publié avec Child Poverty Action Group des conseils pour les écoles. Quatre se transposent tels quels en France :

  • Le vêtement de tous les jours, décoré : des décorations en papier fabriquées en classe, fixées pour la journée, puis retirées.
  • Le t-shirt uni, décoré au feutre ou avec des gommettes, bien moins cher qu’un pull.
  • Le carton de pulls prêtés : les familles apportent les pulls devenus trop petits, et chacun peut en emprunter un.
  • Les objets trouvés : les pulls jamais réclamés deviennent la matière d’un atelier décoration.

Retiens aussi le conseil qui change l’ambiance : récompenser la créativité plutôt que la nouveauté. Un pull décoré en classe vaut mieux qu’un pull neuf. Et pour les idées qui se passent complètement de pull, lis comment participer sans pull de Noël.

Une collecte ? Par la coopérative, et toujours facultative

Une école peut adosser une collecte à la journée du pull de Noël, à condition que le don reste libre et discret. En France, c’est la coopérative scolaire qui encadre ce type d’opération.

L’Office central de la coopération à l’école le rappelle : « Les coopératives scolaires peuvent organiser des événements pour financer des projets scolaires ». Il fixe aussi une limite. La revente de produits achetés sans transformation est interdite.

Côté familles, la règle est nette. L’association départementale de l’OCCE dans l’Yonne l’écrit à propos de la participation volontaire des parents : « la non participation des parents ne saurait priver l’enfant des activités liées à la coopérative scolaire. »

Concrètement : une boîte posée à l’entrée, aucune liste de qui a donné, aucun montant imposé. C’est aussi ce que Save the Children UK recommande aux écoles britanniques, avec deux idées de plus. Un don par famille plutôt que par enfant, pour que les fratries ne paient pas trois fois. Et, s’il y a des gâteaux, une part pour chaque enfant, seule la deuxième se paie.

Une buvette change un peu la donne. L’OCCE précise qu’une autorisation temporaire doit alors être demandée à la mairie au moins 15 jours avant l’événement. Si tu veux un stand de boissons le jour du pull, anticipe. Pour choisir la cause et organiser la collecte, lis comment faire de la journée une collecte solidaire.

Les photos d’élèves en pull : l’accord écrit des parents d’abord

Une école qui veut diffuser les photos de la journée doit d’abord obtenir l’accord écrit des parents. La CNIL le rappelle dans sa réponse aux parents d’élèves :

Si un établissement scolaire veut utiliser les photographies de ses élèves dans le journal de l’école, sur un trombinoscope, sur son site ou sur tout autre support, il doit obligatoirement demander le consentement écrit des représentants légaux des enfants.

CNIL, question Mon enfant a été pris en photo à l’école : puis-je m’opposer à l’utilisation de son image ?

La photo de classe en pull de Noël reste donc possible. Avant de la mettre sur le blog de l’école ou l’espace numérique de travail, tu vérifies les autorisations. Sans accord, tu cadres autrement ou tu gardes la photo pour la classe.

Le déroulé d’une journée du pull de Noël en élémentaire

Une journée du pull de Noël réussie en élémentaire se prépare en trois temps : prévenir tôt, fabriquer ensemble, fêter simplement.

  1. Deux à trois semaines avant : un mot aux familles. Il donne la date, précise que le pull est facultatif et qu’aucun achat n’est attendu. Plus les parents sont prévenus tôt, plus ils ont le temps de s’organiser.
  2. La semaine d’avant : un atelier en classe. Décorations en papier, t-shirt décoré, motifs dessinés. Chaque enfant repart avec de quoi participer.
  3. Le jour J, le matin : un accueil en musique, une chanson d’hiver, les décorations enfilées pour la journée.
  4. Le jour J, l’après-midi : la photo de groupe, autorisations en poche, puis un temps calme.
  5. Le lundi suivant : les pulls prêtés retournent dans leur carton, prêts pour la prochaine édition.

Je garderais la photo de groupe pour l’après-midi. Tout le monde est là, et l’ambiance a eu le temps de monter.

De la maternelle au lycée, la journée change de forme

La journée du pull de Noël ne se vit pas pareil à 4 ans et à 16 ans. En maternelle, elle devient une activité de classe : motifs, découpage, chansons. Les idées adaptées aux petits, avec la règle de sécurité des petites pièces, sont dans les activités de maternelle pour le jour du pull.

Au collège et au lycée, c’est l’inverse : les élèves décident, les adultes accompagnent. Rien ne se fait sans leur envie. La marche à suivre est dans la journée du pull de Noël au collège et au lycée.

Convaincre l’équipe enseignante en cinq minutes

Bon. Trois arguments suffisent à convaincre une équipe qui hésite, une phrase chacun.

  • Elle ne coûte rien si le pull reste facultatif et si l’atelier décoration fournit de quoi participer.
  • Elle respecte la laïcité si les motifs restent profanes, comme le demande le vademecum de l’Éducation nationale.
  • Elle se glisse dans une séance déjà prévue : arts plastiques, chant, rituel du calendrier.

Si l’équipe doute encore, propose un essai sur une seule classe. Une photo de classe souriante, affichée dans le couloir le lundi, convainc mieux qu’un long discours.

Repères

  1. Publication

    20 mai 2021

  2. Mise à jour

    9 septembre 2026

  3. Prochaine journée

    Vendredi 18 décembre 2026

    Le troisième vendredi de décembre, en France et aux États-Unis.

Questions fréquentes

La journée du pull de Noël est-elle compatible avec la laïcité à l’école publique ?

Oui. Le vademecum « La laïcité à l’École » de l’Éducation nationale range Noël parmi les fêtes sécularisées, qu’un établissement public peut célébrer. La seule condition est qu’aucun signe ou emblème à caractère religieux ne soit installé à cette occasion. Les motifs des ateliers et des décorations restent donc profanes : rennes, flocons, sapins, bonshommes de neige. Le directeur de l’école veille au respect de ce principe.

Peut-on demander de l’argent aux parents pour la journée du pull de Noël ?

On peut proposer un don, jamais l’imposer. Une collecte passe par la coopérative scolaire, et l’OCCE rappelle que la non-participation des parents ne peut priver l’enfant d’aucune activité liée à la coopérative. Le plus simple est une boîte à dons posée à l’entrée, sans liste de qui a donné. Aucun achat de pull ne doit être demandé aux familles.

Faut-il l’accord des parents pour publier les photos de la journée ?

Oui, par écrit. La CNIL indique qu’un établissement scolaire qui veut utiliser les photos de ses élèves, dans le journal de l’école, sur son site ou sur tout autre support, doit obtenir le consentement écrit des représentants légaux. La photo de classe reste possible, mais sa diffusion attend les autorisations. Sans accord, on la garde pour la classe.

Que faire si un élève n’a pas de pull de Noël ?

Prévoir sa participation avant le jour J, pour qu’il n’ait rien à demander. Un atelier décoration en classe, un t-shirt décoré ou un carton de pulls prêtés par les familles suffisent. Récompense la créativité plutôt que la nouveauté du pull. Ainsi, aucun enfant ne se retrouve seul sans pull sur la photo.