La Journée du pull de Noël Vendredi 18 décembre 2026

7 min de lecture

Proposer la journée du pull de Noël à sa direction

La journée du pull de Noël se propose à la direction avec une date, un accord et la garantie que personne n’est obligé. Qui valide quoi, le rôle du CSE, le budget et un message type à envoyer.

Par Théo Marchal

Collègues réunis dans un open space décoré d'un sapin et de compositions de Noël, verre à la main, pendant un moment festif.
Photographie de Pavel Danilyuk, Pexels, Licence Pexels.

Ta direction risque de dire non ? Pas si tu lui apportes une proposition de cinq lignes, les bons interlocuteurs et zéro obligation. C’est tout le cadre pour proposer la journée du pull de Noël dans ton entreprise.

Personne n’organise cette journée en France : c’est donc à toi de la proposer, et à l’entreprise de trancher.

Proposer la journée du pull de Noël à la direction : la réponse courte

Pour obtenir un oui, ta proposition doit lever trois inquiétudes avant qu’on te les oppose : ça ne coûte rien, personne n’est obligé, ça ne bloque pas le travail.

Ajoute une date, un créneau de dix minutes pour une photo de groupe volontaire, et le nom de la personne qui s’occupe de l’annonce. Avec ça, la direction a tout ce qu’il faut pour décider.

Le reste de cette page détaille le cadre : qui valide quoi, comment protéger ceux qui ne veulent pas participer, et ce que change un budget ou une collecte.

Qui valide quoi dans l’entreprise

Tu ne décides pas seul d’une journée du pull de Noël. Selon la taille de ta structure, trois ou quatre personnes ont leur mot à dire. Le tableau t’aide à frapper à la bonne porte, dans le bon ordre.

InterlocuteurCe qu’il décideCe que tu lui apportes
Direction ou responsable de siteLe feu vert, la date, le périmètreLa proposition en cinq lignes
Ton managerL’organisation du service ce jour-làLe créneau photo et la règle du volontariat
Le CSE, s’il existeUn budget éventuel, un cadeau, une collecteL’idée et le montant envisagé
RH ou communication interneL’annonce sur l’intranetLe texte et l’affiche

Le CSE entre en jeu dès que la journée devient une dépense pour les salariés, un cadeau par exemple. À propos des activités sociales et culturelles, le glossaire du Code du travail numérique le dit ainsi : « Le comité social et économique assure, contrôle ou participe à la gestion de toutes ces activités présentes dans l’entreprise. »

Sans dépense, pas besoin de réunir qui que ce soit. Un accord de ta direction et de ton manager suffit.

Les quatre questions que la direction va poser

Prépare tes réponses, une ligne chacune.

  • Est-ce que ça coûte ? Non, chacun vient avec ce qu’il a. Le budget n’arrive que si le CSE ou l’entreprise le décident.
  • Est-ce obligatoire ? Non. On participe en pull, avec un accessoire, ou pas du tout.
  • Est-ce que ça perturbe le travail ? Dix minutes pour une photo, à un moment choisi avec les managers.
  • Est-ce que ça peut mal tourner ? La règle est simple : on rit des pulls, jamais des gens.

Une cinquième question arrive parfois : et les équipes au contact des clients ? Pour ces postes, vois avec le manager. Certaines tenues sont encadrées par le poste, pour des raisons d’hygiène, de sécurité ou d’image. Dans ce cas, un badge ou un accessoire en salle de pause fait très bien l’affaire.

Personne n’est obligé de porter un pull

Le volontariat n’est pas une politesse. C’est le principe qui protège la journée. En principe, un salarié s’habille comme il le souhaite sur son lieu de travail. L’employeur ne peut encadrer sa tenue que si le poste le justifie.

Ces exceptions sont étroites. Le Défenseur des droits, dans sa décision-cadre sur l’apparence physique au travail, fixe la barre :

les codes vestimentaires, exprès ou implicites, doivent d’abord être justifiés par la nature des postes concernés, légitimes et proportionnés au but recherché.

Défenseur des droits, décision-cadre relative aux discriminations dans l’emploi fondées sur l’apparence physique

Une journée festive ne coche aucune de ces cases. Elle reste une proposition. D’où une règle à écrire noir sur blanc dans l’annonce : qui ne veut pas participer n’a pas à se justifier.

Inclure ceux qui ne fêtent pas Noël, ceux qui sont loin, ceux qui hésitent

Une journée du pull de Noël réussie se mesure à ceux qui se sentent bienvenus sans pull. Trois publics méritent une pensée au moment de proposer la journée.

Ceux qui ne fêtent pas Noël, d’abord. Présente la journée comme un moment d’hiver en couleurs, pas comme une célébration religieuse. Un pull à flocons ou une écharpe vive suffisent.

Ceux qui sont loin, ensuite. Les collègues en télétravail ou sur un autre site participent aussi, à condition de le prévoir : la journée du pull de Noël en télétravail se joue en visio, caméra facultative.

Ceux qui hésitent, enfin. Pas de pull, pas envie d’en acheter un ? Il existe des façons simples de participer à la journée sans pull de Noël, du bonnet aux chaussettes.

Concours ou collecte : ce que tu mets au centre

Un concours de pulls change la nature de la journée. On ne participe plus, on est noté. Pour un moment qui repose sur le volontariat, c’est un autre projet, avec d’autres règles, et il gagne à rester facultatif et séparé du reste.

Si ton équipe y tient malgré tout, le blog de la boutique Le Pull Moche, qui appartient à l’équipe qui publie ce site, propose ce guide pour organiser le concours.

Une collecte, elle, rassemble sans classer personne. Les Restos du Cœur s’adressent justement aux entreprises et à leur CSE sur leur page consacrée à l’organisation d’une collecte : « vous souhaitez agir concrètement aux côtés des Restos du Coeur ? Organisez une collecte ! »

La démarche passe par l’association départementale. C’est elle qui précise les produits à privilégier, les supports de communication et l’enlèvement des produits collectés. Tu fixes un lieu et une date, tu réunis quelques bénévoles, et la journée prend un sens de plus.

Le budget, de zéro euro à un pull offert par le CSE

Premier budget possible : zéro. Personne n’achète rien, chacun vient avec ce qu’il a, et la journée tient debout toute seule.

Deuxième budget : le CSE offre quelque chose au titre de Noël, un pull, un bonnet ou un bon d’achat. Une règle de l’Urssaf sur les prestations du CSE exonérées de cotisations s’applique alors. Les cadeaux et bons d’achat échappent aux cotisations tant qu’ils restent sous un seuil calculé sur le plafond mensuel de la Sécurité sociale, par événement :

Noël : 5 % par enfant et 5 % pour le salarié.

Urssaf, conditions d’exonération des bons d’achat et cadeaux du CSE

Le piège, l’Urssaf le signale aussi : le seuil n’est pas une franchise. S’il est dépassé, c’est tout le montant qui est soumis aux cotisations, pas seulement la part en trop.

Autre détail : pour un même événement, un bon d’achat et un cadeau reçus par le même salarié s’additionnent. Fais valider le montant par le trésorier du CSE avant toute commande.

Troisième budget : un goûter ou un café offert par l’entreprise pour le moment de la photo. C’est le plus simple à faire accepter, et le plus rassembleur.

Quand l’entreprise abonde la collecte

L’entreprise peut doubler la mise. Elle verse à l’association une somme égale, ou proportionnelle, à ce que les salariés ont réuni. Au Royaume-Uni, l’association qui porte le Christmas Jumper Day invite d’ailleurs les participants à demander ce geste à leur employeur.

En France, ce versement relève du mécénat. Selon la fiche Entreprendre.Service-Public.fr sur les dons des entreprises aux organismes sans but lucratif, la réduction d’impôt est égale à « 60 % du montant du don pour la fraction inférieure ou égale à 2 000 000 € ».

Un plafond s’applique : 20 000 €, ou 0,5 % du chiffre d’affaires hors taxe si ce montant est plus élevé. Le taux varie selon l’organisme bénéficiaire, et l’entreprise doit pouvoir présenter un reçu fiscal délivré par l’association. Le service comptable vérifiera le cas précis.

Pour l’organisation pas à pas, du choix de l’association au décompte, lis comment faire de la journée une collecte solidaire.

Le message à envoyer à ta direction

Voici une proposition courte, à adapter. Elle répond d’avance aux questions de la direction et laisse la décision entre ses mains.

Une fois le feu vert obtenu, il reste à prévenir les collègues. Les modèles sont prêts : annoncer la journée par message, affiche et intranet.

Tu proposes. La direction tranche. On sort les pulls.

Repères

  1. Publication

    30 septembre 2024

  2. Mise à jour

  3. Prochaine journée

    Vendredi 18 décembre 2026

    Le troisième vendredi de décembre, en France et aux États-Unis.

Questions fréquentes

Faut-il l’accord de la direction pour organiser la journée du pull de Noël au travail ?

Oui, mieux vaut l’obtenir : la journée se passe sur le lieu et le temps de travail, même pour dix minutes de photo. Un accord de la direction et du manager suffit tant que rien n’est dépensé. Si la journée prévoit un cadeau ou un budget pour les salariés, associe le CSE quand l’entreprise en a un.

Un employeur peut-il obliger ses salariés à porter un pull de Noël ?

Non, une journée festive ne justifie pas une tenue imposée. En principe, un salarié s’habille comme il le souhaite, et le Défenseur des droits rappelle qu’un code vestimentaire doit être justifié par la nature du poste et proportionné au but recherché. La journée du pull de Noël reste une proposition, et qui ne veut pas participer n’a pas à se justifier.

Le CSE peut-il offrir des pulls de Noël aux salariés ?

Oui. Pour l’Urssaf, les cadeaux et bons d’achat de Noël du CSE sont exonérés de cotisations dans la limite de 5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale pour le salarié, et de 5 % par enfant. Attention : si le seuil est dépassé, c’est tout le montant qui devient soumis aux cotisations.

L’entreprise peut-elle abonder une collecte faite pendant la journée ?

Oui, en versant elle-même un don à l’association choisie. Ce don relève du mécénat et ouvre droit, dans le cas général, à une réduction d’impôt de 60 % du montant, avec un plafond de 20 000 € ou de 0,5 % du chiffre d’affaires hors taxe si ce montant est plus élevé. L’entreprise conserve le reçu fiscal délivré par l’association.