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La journée du pull de Noël au lycée ou au collège réussit quand elle part des élèves : la Maison des lycéens ou les délégués la portent, les adultes donnent le feu vert. Chacun choisit entre le pull, l’accessoire ou rien du tout.
Par Théo Marchal
Des ados en pull à rennes, au lycée ? Ça marche, à condition que l’idée vienne d’eux. Au collège comme au lycée, la journée du pull de Noël prend quand les élèves la portent et que chacun reste libre d’y participer.
Aucun organisme ne pilote la journée en France : chaque établissement choisit son vendredi, son ambiance et ses règles.
Le principe est simple : un vendredi de décembre, élèves et adultes viennent en pull de Noël, ou avec un simple accessoire. Pas d’inscription. Pas de tenue imposée. Pas de classement.
Côté calendrier, l’usage relayé en France retient le troisième vendredi de décembre. D’autres établissements préfèrent le dernier vendredi avant les vacances. Les deux se défendent, et la date de la journée du pull de Noël se vérifie d’un coup d’œil.
Au lycée, la vraie question n’est pas la date. C’est l’adhésion. Un élève de seize ans ne sort pas un pull à rennes parce qu’une affiche le lui demande. Il le fait si les autres le font, et s’il sait qu’il peut aussi s’abstenir.
La journée du pull de Noël marche mieux portée par des élèves que décrétée par l’administration. Au collège, les délégués de classe font d’excellents messagers. Au lycée, ce sont les élus lycéens ou l’association des élèves.
Les adultes gardent deux rôles : donner le feu vert et veiller à ce que la journée reste une fête. Le chef d’établissement valide la date. La vie scolaire relaie l’annonce. Les professeurs jouent le jeu, ou pas, comme tout le monde.
Ta marche à suivre, si tu es l’adulte qui a eu l’idée : tu trouves deux élèves motivés. Tu demandes le feu vert. Tu leur laisses le micro.
Au lycée, la Maison des lycéens est le relais naturel d’une journée du pull de Noël. C’est une association gérée par les élèves, et la circulaire de l’Éducation nationale consacrée à la Maison des lycéens lui ouvre la porte des moments festifs :
elle peut développer l’organisation d’activités générant des rentrées de fonds pour favoriser la vie de l’association : fête de fin d’année
Le guide de Réseau Canopé destiné aux lycéens engagés dans leur MDL va dans le même sens. Il range parmi les activités courantes de l’association « l’organisation de moments conviviaux et festifs, carnaval, fête des internes, bal des terminales, etc. », et, juste avant, la solidarité avec des organisations caritatives.
Une journée du pull de Noël coche les deux cases. Elle entre dans le programme de la MDL sans créer de structure nouvelle. Concrètement : un élève propose l’idée au bureau de la MDL, le bureau la met à l’ordre du jour, puis la présente à la direction.
Au collège, une annonce réussie donne le ton juste. Le collège Victor Hugo de Lassay-les-Châteaux, en Mayenne, a publié la sienne sur son site en s’adressant aux élèves, aux enseignants, aux assistants d’éducation et aux agents :
venez avec votre plus beau pull ou accessoire de Noël !
Deux détails font tout. Le mot « accessoire » ouvre la porte à ceux qui n’ont pas de pull. Et la liste des invités mélange les générations. Je miserais d’ailleurs sur les adultes : un CPE en bonnet de lutin convainc mieux que dix affiches.
L’âge compte aussi. En sixième, un pull à paillettes amuse. En troisième, il peut gêner. D’où l’intérêt de présenter l’accessoire comme une façon normale de participer, pas comme un lot de consolation.
Faire participer sans forcer, c’est proposer trois façons de vivre la journée, toutes valables :
La troisième option est la plus importante. Un élève peut ne pas fêter Noël, ou ne pas avoir de quoi acheter un pull pour un seul jour.
Il peut aussi, tout simplement, ne pas en avoir envie. Personne n’a à le savoir.
Écarte tout ce qui transforme la fête en contrôle : pointage par classe, points bonus, photo de ceux qui n’ont pas joué le jeu. Une journée informelle n’a pas de retardataires.
Et rappelle qu’aucun achat n’est nécessaire. Un pull se prête, se récupère chez un grand frère, se déniche dans une friperie. Pour ceux qui n’en ont pas, il existe des façons simples de participer à la journée sans pull de Noël.
Une journée de pulls volontairement ridicules peut déraper. La blague sur le pull du voisin devient un surnom. Puis un groupe qui rit toujours du même élève.
La fiche de Service-Public.fr sur le harcèlement au collège et au lycée définit le harcèlement scolaire par des violences subies de manière répétée, et en donne des exemples :
Ces actes de violence sont, par exemple, des insultes, des moqueries, des brimades, des rejets d’un groupe, des bousculades, des coups, des vols.
Prépare donc la parade avant le jour J. Rappelle aux délégués que la journée se moque des pulls, jamais des gens. Et dis clairement à qui s’adresser si ça dérape : un adulte de l’établissement, d’abord.
Pour un élève victime ou témoin, le 3018 est le numéro national contre le harcèlement. Selon la fiche de Service-Public.fr, il répond 7 jours sur 7, de 9 h à 23 h, et l’appel est gratuit et anonyme.
Une photo moqueuse qui circule sur les réseaux relève aussi de ce numéro. Sur la page de l’association e-Enfance consacrée au 3018, il est présenté comme « le dispositif dédié aux jeunes victimes, témoins ou auteurs de harcèlement ou de violences numériques ». Il peut aussi obtenir la suppression de contenus préjudiciables par une procédure de signalement accélérée.
La photo de classe en pulls de Noël, c’est le souvenir qu’on ressort des années plus tard. Elle demande deux précautions, à régler avant de sortir les téléphones.
Première précaution, le droit à l’image. La CNIL le rappelle : avant de publier la photo d’un mineur, l’accord des parents est nécessaire. Au collège comme au lycée, la plupart des élèves sont mineurs.
Seconde précaution, le support. Le site de l’établissement ou l’ENT valent mieux qu’un compte personnel.
Et l’élève qui ne veut pas être sur la photo ? Il passe derrière l’objectif. Il la prend. Problème réglé.
Pour les placements, le cadrage et le bon moment, tout est dans la photo de groupe du jour J.
Au lycée, la journée du pull de Noël peut servir une cause. Le guide de Réseau Canopé cite parmi les actions de la MDL la participation à des actions au profit d’organisations caritatives ou citoyennes, avec les Restos du cœur et le Sidaction en exemples.
La formule la plus simple : chaque participant apporte une pièce, un paquet de pâtes ou un produit d’hygiène. Les élèves choisissent l’association. Ils comptent, ils remettent, ils annoncent le résultat.
Une règle quand même : la collecte reste facultative, comme le pull. Personne ne donne devant les autres. Une boîte fermée à la vie scolaire suffit. Toute la méthode est détaillée dans faire de la journée une collecte solidaire.
Un rétroplanning qui tient sur un post-it, du collège au lycée :
Bon. Si un seul pull à rennes traverse la cour ce vendredi-là, la journée a déjà commencé. Le reste, les élèves s’en chargent très bien.
20 novembre 2025
Vendredi 18 décembre 2026
Le troisième vendredi de décembre, en France et aux États-Unis.
Oui, et sans avoir à se justifier. La journée du pull de Noël est informelle : rien ne la rend obligatoire, ni au collège ni au lycée. Le plus simple est de proposer trois façons de participer, le pull, un accessoire ou rien du tout, et de ne jamais pointer qui a joué le jeu.
N’importe quel élève ou adulte peut proposer l’idée, mais c’est le chef d’établissement qui valide la date. Au lycée, la Maison des lycéens est le relais le plus naturel : c’est une association d’élèves qui organise déjà des moments festifs et des actions solidaires. Au collège, les délégués de classe portent bien l’annonce.
Oui, si les élèves le souhaitent et si la direction est d’accord. La Maison des lycéens mène déjà des actions au profit d’associations caritatives. La collecte doit rester facultative, comme le pull : une boîte fermée à la vie scolaire évite que quiconque donne sous le regard des autres.
Il faut prévenir un adulte de l’établissement, que l’on soit la victime ou un témoin. Des moqueries répétées relèvent du harcèlement scolaire. Le 3018, numéro national contre le harcèlement, est gratuit et anonyme, et il traite aussi les photos moqueuses publiées en ligne.